In Progress
Thursday
Aug022012

Trust

Images


Concept

Trust is 15 minutes of channel hopping. Images took from the news. The speech of a President after his nomination (Obama), after slaughters (Zhao Ziyang). The Pope’s Oath (Benoit XVI). War reports. Documentaries. All that speak about today’s reality. Any word given for true.

The faces are pixilated. Sometimes the eyes are bandaged. As if the people wanted to preserve their identity. By shame? Or by decency? Every word, political, religious, social, are questioned. Everyone should trust information. But can one trust a word when it tries to be complicit?

“Only the image is able to save reality. It should be the force which enables us to think the world. It is the restoration of a belief in it. An engagement” Godard says, but the way men use that image removes its identity. Its veracity. The image should be the only one to resist to death. But it is discipline. It is control. It was lost.
The use of the image generates the fear of the one who is being watched. And the doubt of the one who is watching. Trust is not possible any more between medium and mediator. Trust speaks about this faintness.

There is in Trust the idea that the truth, like the lie, are not assumed. This is why there is this need of anonymity for the one who is supposed to speak the truth. This need for a mask.

Trust sound like a moral. Because the definition of the moral is, by extension, the beginning of the evil. At the moment there is a moral, there is evil. And evil is everywhere. Disguised. Diverting. Omnipresent. Fascinating is this faculty which one has to digest violence. One looks at violence, one looks at death, one looks at “truth” and immediately afterwards, one continues to live. There is a propensity to digest violence and the lie in our society which is amazing.

Trust speaks about this faculty which one has to digest images. Our system functions on violence and lies, and the television can be excessive. It is an informative moral. And at the same time, this moral found laws where violence and lies are prohibited to us without respecting them.

The existing images show us lie exists. So much so, that one ends up taking lie for truth. We can think of Kirilov’s words with Stavroguine in Dostoïevski’s Demons: When he believes, he does not believe that he believes; and when he does not believe, he does not believe that he does not believe.

“Not to be caught lying is equivalent than saying the truth”. From that point, it’s difficult to take seriously any kind of moral. Any word when it is supposed to be a word of truth.

Trust wants to be a stab in the eye. At least, it will remain open.

 

Trust
French Version

Concept

Trust est un zapping de 15 minutes. Images d’informations en majorité. Prise de parole d’un Président au lendemain de son investiture (Obama). Au lendemain de massacres (Zhao Ziyang). Journaux télévisés. Serment du Pape (Benoît XVI). Assemblée Nationale. Reportages de guerre. Documentaires. Tout ce qui traite de la réalité. Toute parole donnée pour vraie.

Les visages sont pixellisés. Parfois les yeux sont bandés. Comme si les personnes voulaient préserver leur identité. Par honte ? Ou par pudeur ? Les discours politiques, religieux, sociaux, et donc médiatiques, performatifs, sont ainsi remis en question. L’information implique que l’on croit en elle. Mais peut-on faire confiance à une parole lorsqu’elle tente d’être connivence ?

“L’image seule est capable de sauver le réel. Elle serait la force qui nous permet de penser le monde. C’est la restauration d’une croyance au monde. Un engagement” nous dit Godard, or l’usage que fait l’Homme de l’image lui ôte son identité. Sa véracité. L’image devrait être la seule à résister à la mort. Mais elle est discipline. Elle est contrôle. Elle s’est perdue.
L’utilisation de l’image engendre la peur de celui qui est regardé. Et le doute de celui qui regarde. La confiance n’est plus possible entre médium et médiateur. Trust souligne ce malaise.

Il y a donc dans Trust l’idée que la vérité, comme le mensonge, ne sont pas assumés. D’où ce besoin d’anonymat pour celui qui est censé dire une parole vraie. Ce besoin d’écran. De masque.

Trust est à sa manière une morale. Car la définition d’une morale est par extension le début du mal. Dès l’instant où il y a une morale, il y a du mal. Or le mal est partout. Déguisé. Divertissant. Omniprésent. Fascinante est cette faculté que l’on a tous à digérer la violence. On regarde de la violence, on regarde de la mort, de la « vérité » et tout de suite après, on continue à vivre. On a une propension à digérer la violence et le mensonge qui est inouïe.

Trust parle de cette faculté que l’on a tous autant que l’on est, à digérer l’image. Notre système fonctionne sur la violence et le mensonge, et le médium télévisuel en montre les excès. C’est la morale informative. Et en même temps cette morale instaure des lois où violence et mensonge nous sont interdits sans même les respecter.

Les images existantes nous montrent donc à quel point le mensonge existe. À tel point que l’on finit par prendre le mensonge pour la vérité. Et inversement. Je pense aux mots de Kirilov à propos de Stavroguine dans Les Possédés de Dostoïevski : Quand il croit, il ne croit pas qu’il croit ; et quand il ne croit pas, il ne croit pas qu’il ne croit pas.

« Ne pas être pris en train de mentir équivaut à dire la vérité ». À partir de là, il est difficile de prendre au sérieux la moindre morale. La moindre parole lorsqu’elle se pose comme parole - vérité.

Trust veut être un coup de couteau dans l’œil. Au moins, il restera ouvert.