Tuesday
Jun252013

Les Mains Négatives

Presentation

They call "Negative Hands", the paintings of hands found in Altamira, the Magdalenian caves of southern Atlantic Europe. The edges of these hands - pressed outspread upon the rock - were soaked in colour. Most often in blue, and black. Sometimes red. No explanation has been found for this practice.


Marguerite Duras, "Les Mains Négatives" (Mercure de France, 1979)

On appelle "Mains Négatives", les peintures de mains trouvées à Altamira, grottes magdaléniennes de l’Europe Sub-Atlantique. Le contour de ces mains - posées grandes ouvertes sur la pierre - était enduit de couleur. Le plus souvent de bleu, de noir. Parfois de rouge. Aucune explication n’a été trouvée à cette pratique.

Image

My father, III

 



Words

Because it was my father

I will never see my father again.
Never again.
Nowhere.
There aren’t admirable men on earth.
Only men.
And then there was my father.

Because it was my father, I hated him as much as I loved him. On certain days, even more.

Because it was my father, I tried to convince myself that what he gave me with one hand, he would take it back with the other one.

Because it was my father, I found him much more talented for friendship than for love.

Because he was my father, he will always be the worst selfish man for having taken away from me one morning in June a part of my own life. But he will, always, be my father. The one I feared. The one I love. The one I admire. And the one from whom I wanted to be admired. Because it was my father.

Because it was my father, he only had one word. Firm. Man’s word from another time. A word that will never fall back on the dust.

Because it was my father, I feared that I learned how to be a good father while being a bad son.

Because it was my father, he taught me what clemency was, and his words, rare, too rare, had the taste for religious survival in my heart that has not yet found God.


Because it was my father, he taught me how to forgive my son to be angry with me for being his father.

Because it was my father, I feel guilty of this fear of having to live life without a judge and having the feeling I have reached release the point of being free. Because this is perhaps what freedom is: to live without a father. But it's a terrible price to pay, to live this freedom while singing "If only my father could see me." If outside the night is governed, God will lend him His eyes.

Because it was my father, he was everything that I didn’t want to be. I did not want to live nor die like him. And yet, what more can I say. I am this man. A man who, in this dry and acrid light, will never be the same man again. A man who will sleep in hope. A man who will sleep in his absence. Never suspecting that what life lightly calls absence is the crucible of unity.

Parce que c'était mon père

Je ne reverrai plus jamais mon père.
Plus jamais.
Nulle part.
Il n’y a pas d’hommes louables sur cette terre.
Il n’y a que des hommes.
Et il y avait mon père.

Parce que c’était mon père, je l’ai détesté autant que je l’ai aimé. Certains jours même davantage.

Parce que c’était mon père, j’ai essayé de me convaincre que ce qu’il me donnait d’une main, il me le reprenait de l’autre.

Parce que c’était mon père, je le trouvais beaucoup plus doué pour l’amitié que pour l’amour.

Parce que c’était mon père, il sera toujours le pire des égoïstes d’avoir emporté un matin de juin une partie de ma propre vie. Mais il sera, toujours, mon père. Celui que j’ai craint. Celui que j’aime. Celui que j’admire. Celui par lequel j’aurai tant aimé être admiré, aussi. Parce que c’était mon père.

Parce que c’était mon père, il n’avait qu’une parole. Ferme. Une parole d’homme d’un autre temps. Une parole qui ne retombera jamais en poussière. Elle.

Parce que c’était mon père, j’ai eu peur d’avoir appris à être un bon père en étant un mauvais fils.

Parce que c’était mon père, il m’a appris ce qu’était la clémence, et ses mots, rares, trop rares, avaient un goût de survie religieuse dans mon cœur qui n'a pas encore trouvé Dieu.

Parce que c’était mon père, il m’a appris à pardonner à mon fils de m'en vouloir d'être un père.

Parce que c’était mon père, je me sens coupable devant cette peur de devoir vivre sans juge mêlée au soulagement d'être enfin libre. Car c'est peut-être cela la liberté: vivre sans père. Mais c'est un prix terrible que de vivre cette liberté en chantant "Si seulement mon père pouvait me voir". Si dehors la nuit est gouvernée, Dieu lui prêtera ses yeux.

Parce que c’était mon père, il était tout ce que je ne voulais pas être. Je ne voulais ni vivre ni mourir comme lui. Et pourtant, que dire d’autre, aujourd’hui. Je suis cet homme. Un homme qui, dans la lumière sèche et âcre de ce matin neuf, ne sera plus jamais le même homme. Un homme qui dormira dans l'espérance. Un homme qui dormira en son absence. Puisque la vie ne soupçonne pas que ce qu'elle nomme à la légère, absence, occupe le fourneau dans l'unité.

Technique

Digital prints made with Indian Ink on cotton paper
Framed in wild cherry wood on cedar soul


Empreintes digitales à l’encre de Chine sur papier coton
Cadres en merisier sur âme en cèdre

Dimensions

52 x 39,5 x 2 (cm)